Culture,  Musique

Stańko, ballade avec un virtuose

Le 29 juillet 2018, les amateurs de jazz du monde entier ont dit adieu au compositeur, improvisateur et trompettiste de jazzTomasz Stańko. Né en 1942 à Rzeszow dans le sud-est de la Pologne, le futur jazzman varia les expériences juvéniles artistiques et musicalesentre dessin et peinture, piano et violon, avant d’avoir une révélation lors d’un concert de Dave Brubeck en 1958 au club cracovien Rotunda.

Après 1956, avec le relâchement du système politique et la fin du monopole du réalisme socialiste, le jazz s’était institutionnalisé en Pologne, les autorités communistes l’incluant dans le cadre de leur politique culturelle, tout en contrôlant strictement la communauté du jazz, en subventionnant, en accordant ou en refusant bourses, passeports ou appartements. Mais l’idée du jazz en tant que musique rebelle face à une dictature venue de l’étranger était encore bien vivante, et l’accueil d’artistes internationaux un moyen de maintenir un contact avec le monde libre.

Tomasz Stanko
Tomasz Stanko

Stańko commença des études de trompette à l’Académie de Musique de Cracovie en 1964. Influencé par les icônes Miles Davis et Chet Baker, il allait rapidement devenir un maître dans l’art de la ballade.

Puis, dans les années 1970, dans les pas de Ornette Coleman et Don Cherry, son groupe Tomasz Stańko Quintet entra à l’avant-garde du free jazz européeninvité par les festivals les plus réputés dans le monde entier, et remarqué par le prestigieux label ECM sous lequel il enregistrera près de 40 albums.

En 1997, l’album Litania, hommage au compositeur de musiques de films et pianiste de jazz polonais Krzysztof Komeda, le propulsa en haut des palmarès mondiaux.

La fin de la première décennie du 21ème siècle marqua le début de la période new-yorkaise dans la vie du trompettiste, avec des concerts réguliers de son nouveau groupe Tomasz Stańko New York Quartet dans des clubs mythiques comme Birdland, Jazz Standard et Merking Hall. Stańko disait que New York est le centre du monde de notre temps, tout comme le furent Babylone, Rome ou Alexandrie à leur époque.

Premier lauréat du prix européen du jazz de l’Austrian Music Office en 2002, décoré de la Croix de Commandeur de l’Ordre de Polonia Restituta en 2004, Prix du Musicien Européen de l‘Académie française du jazz en 2013, Stańko fut aussi l’organisateur et le directeur du festival Jazzowa Jesień à Bielsko-Biała.

Scroll Up